
L'ergonomie étudie l'adaptation du travail, des outils et des environnements aux capacités et aux limites du corps et de l'esprit humains. Son principe : adapter la tâche à l'homme, et non l'inverse.
La discipline naît au milieu du XXe siècle, souvent dans l'aviation : des cockpits mal conçus provoquaient des accidents que l'on imputait à « l'erreur humaine », alors que la vraie cause était une interface ignorant les limites du pilote. L'ergonomie de langue française (Alain Wisner) distingue d'ailleurs le travail prescrit, ce qu'on demande de faire, du travail réel, ce qui se fait vraiment, et conçoit à partir du second.
C'est la tension fondatrice, et elle est politique autant que technique. Face à un décalage entre l'humain et son outil, deux voies : adapter l'outil à l'humain (l'ergonomie), ou sommer l'humain de s'adapter à l'outil (formation, discipline, « il faut faire attention »). La seconde est souvent moins chère à court terme, et profondément injuste : elle fait porter à la personne le poids d'une mauvaise conception. Parler d'« erreur humaine » revient fréquemment à exonérer un design défaillant.
L'ergonomie ne se limite pas au physique, posture, effort : il y a une ergonomie cognitive, charge mentale, attention, et une ergonomie organisationnelle, coordination, rythmes. Mal conçu, un système épuise ; bien conçu, il soutient.
Notre conviction rejoint l'ergonomie : on conçoit pour le travail réel et le corps réel, pas pour un opérateur idéal. Quand quelque chose « cloche » à l'usage, nous cherchons d'abord ce que la conception a oublié, avant de demander aux gens de faire des efforts.
Ce qui se joue ailleurs : l'utilisabilité, la cognition et la charge cognitive, l'affordance, le design centré sur l'humain et l'impact collaborateur.
Références : ergonomie issue des facteurs humains (aviation) ; A. Wisner, distinction travail prescrit / travail réel.

Rémi
Gréau
Directeur du design
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