
Le design centré sur l'humain (human-centered design) part des besoins, capacités et comportements réels des personnes, plutôt que des contraintes de la technologie ou de l'organisation. L'humain est le point de départ, pas la variable d'ajustement.
La formule est associée à Don Norman et à l'école de l'IDEO, mais l'idée est plus large : concevoir « depuis » l'humain, en observant, en testant, en itérant avec les personnes concernées. C'est une réaction salutaire contre le design centré sur la machine, faire ce que la technique permet, ou centré sur l'entreprise, faire ce qui arrange les process. La norme ISO 9241-210 en a même fait un standard.
Mais le succès de l'approche révèle aujourd'hui sa limite. « Centré sur l'humain » a parfois voulu dire centré sur un humain, l'utilisateur individuel, ici et maintenant, au détriment du reste : les autres parties prenantes, la société, le vivant non-humain, les générations futures. Optimiser l'expérience d'un usager peut nuire à un collectif, comme ces algorithmes qui captent l'attention, ou à la planète. D'où l'émergence d'un design « plus-qu'humain » (more-than-human), qui élargit le cercle de ceux pour qui l'on conçoit au-delà de l'utilisateur immédiat.
Le centrage humain reste un acquis précieux contre l'arrogance technologique. Mais centrer ne doit pas vouloir dire rétrécir : concevoir pour l'humain réel inclut le système, les autres, et le long terme dans lesquels cet humain vit.
Notre lecture concilie les deux : partir des usages réels (l'humain) sans jamais perdre le système (le vivant, le collectif, le durable). L'humain au centre, oui, mais un humain relié, pas un consommateur isolé.
Ce qui se joue ailleurs : le design centré sur l'utilisateur, l'empathie, le design systémique, les parties prenantes et la durabilité.
Références : D. Norman et l'IDEO, human-centered design ; norme ISO 9241-210 ; courant du design « plus-qu'humain ».

Rémi
Gréau
Directeur du design
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