
La simplicité, en design, n'est pas l'absence de complexité : c'est l'art de la rendre maîtrisable. Simplifier, ce n'est pas enlever du réel, c'est en organiser la lecture pour qu'on puisse agir sans se perdre.
John Maeda (The Laws of Simplicity, 2006) a formulé une loi célèbre : la simplicité, c'est soustraire l'évident et ajouter le signifiant. Enlever ce qui encombre, oui, mais aussi rendre présent ce qui compte. La simplicité n'est pas la pauvreté : c'est une clarté durement gagnée sur la complexité.
Car il y a deux façons de « faire simple », et tout se joue entre elles. La bonne simplifie : elle absorbe la complexité côté concepteur pour l'épargner à l'usager, comme une interface limpide qui cache une mécanique sophistiquée. La mauvaise simplifie en mutilant : elle nie la complexité du réel, supprime des cas, écarte les exceptions, et produit du simpliste, une solution propre qui ne marche que sur le papier. Simplifier sans trahir est exigeant ; appauvrir est facile, et se déguise souvent en simplicité.
C'est exactement le sens du mot qui nous tient à cœur : la simplexité. Le neuroscientifique Alain Berthoz (La Simplexité, 2009) l'emploie pour décrire les solutions élégantes que le vivant invente pour agir vite et juste dans un monde complexe, sans le nier. Une simplexité, ce n'est pas une simplicité au rabais : c'est de la complexité apprivoisée, mise au service de l'action.
C'est notre promesse même, « en toute simplexité » : transformer la complexité stratégique et opérationnelle en actions simples à impact, sans jamais faire comme si la complexité n'existait pas. Rendre simple ce qui est complexe, sans le rendre faux.
Ce qui se joue ailleurs : le design systémique (la complexité assumée), la cognition et la charge cognitive, l'UI, l'utilisabilité et le design d'information.
Références : J. Maeda, The Laws of Simplicity (2006) ; A. Berthoz, La Simplexité (2009).

Rémi
Gréau
Directeur du design
Articles associés

Design systémique : penser le système, pas le symptôme
Le design systémique conçoit à l'échelle du système entier (Meadows, Latour). Comment simplifier sans mutiler le réel ? Un mot : simplexité.

Cognition : décharger l'esprit, sans le débrancher
La cognition impose une limite : notre mémoire de travail est étroite (Miller, Sweller). Le design décharge l'effort inutile, mais toute difficulté n'est pas mauvaise.

UI : la forme ou la fonction ?
L'UI est la surface de l'interaction, composante de l'UX. Forme contre fonction : l'ornement est-il superflu, ou la beauté sert-elle l'usage ? (Sullivan, Rams).

Utilisabilité : facile ne veut pas dire utile
L'utilisabilité mesure efficacité, efficience et satisfaction (ISO 9241, Nielsen). Mais un produit peut être très utilisable et parfaitement inutile : facile ne veut pas dire utile.

Design d'information : de la donnée au sens
Le design d'information transforme des données en compréhension (Wurman, Tufte). Mais passer de la donnée au sens, c'est interpréter : clarifier sans trahir est un vrai travail.
Nos offres associées

Simplification des parcours collaborateurs
Analyser les parcours pour révéler les frictions et déverrouiller la performance opérationnelle.
Découvrir →

Audit systémique de l'expérience
Analyser les parcours pour révéler les points de friction et améliorer l’expérience.
Découvrir →

UX Design de produits digitaux
Aktan design des produits digitaux utiles et simples à partir des usages réels et des parcours de vos utilisateurs.
Découvrir →