
Le design d'information organise et met en forme des données pour les rendre compréhensibles : transformer une masse de chiffres, de textes ou de contenus en quelque chose qu'on peut lire, comprendre et utiliser.
Richard Saul Wurman a forgé l'expression « architecture de l'information » en 1976, partant d'un constat : nous croulons sous les données et manquons de sens. Edward Tufte, de son côté, a posé les principes de la visualisation : maximiser le « rapport données-encre », éliminer le superflu, ne jamais déformer. Bien designer l'information, c'est rendre visible une structure qui était là, cachée dans le bruit.
Le passage de la donnée au sens n'est jamais neutre. Choisir une échelle, un regroupement, un ordre, c'est déjà interpréter, et donc orienter. Une même donnée produit des récits opposés selon sa mise en forme, ce que Tufte appelle, à l'extrême, le mensonge graphique. Le design d'information porte une responsabilité : il peut éclairer ou manipuler avec exactement les mêmes chiffres. Clarifier sans trahir est un travail, pas une évidence.
Le piège contemporain est l'inverse de la pénurie : l'infobésité décorée. Des tableaux de bord saturés, des « datavisualisations » spectaculaires qui impressionnent sans informer. La beauté d'un graphique n'est ni sa véracité, ni son utilité.
Notre principe : l'information bien conçue sert la décision, pas la démonstration. Nous cherchons la forme la plus simple qui dise le vrai, en assumant les choix de mise en forme plutôt qu'en les cachant. Donner du sens, c'est rendre la donnée actionnable sans la déformer.
Ce qui se joue ailleurs : le data-driven design, les insights, la cognition et la charge cognitive, l'attention et l'UI.
Références : R. S. Wurman, « information architecture » (1976) ; E. Tufte, principes de la visualisation de données.

Rémi
Gréau
Directeur du design
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