
Le design de transport conçoit les véhicules et les systèmes qui nous déplacent, trains, voitures, bus, vélos, mais aussi les services, parcours et infrastructures qui rendent le déplacement possible et agréable.
Longtemps, la discipline a été celle du véhicule, sa ligne, son habitacle, son confort. Mais le besoin réel n'est pas le véhicule : c'est d'aller d'un point à un autre, dans de bonnes conditions. Comme le résume l'idée du « mobility as a service », ce que cherche l'usager n'est pas de posséder une voiture, c'est de résoudre un déplacement, porte à porte, avec le moins de friction possible.
La bascule est là, et elle est lourde de conséquences. Concevoir un meilleur véhicule, l'objet, n'améliore pas forcément la mobilité, le système : une voiture parfaite dans une ville saturée ne déplace rien. À l'inverse, penser la mobilité, c'est penser l'intermodalité, les correspondances, l'information, l'accès, le premier et le dernier kilomètre, là où le voyage se gagne ou se perd. Le point faible d'un déplacement n'est presque jamais le véhicule lui-même, c'est la couture entre deux modes.
L'enjeu est aussi systémique et environnemental : la mobilité touche à la ville, au climat, aux inégalités d'accès. Optimiser le confort d'un mode sans penser le système peut aggraver la congestion ou l'exclusion de ceux qui n'y ont pas accès.
Notre approche relie l'objet et le système, l'expérience du voyageur et la mécanique opérationnelle qui la rend possible. Concevoir le transport, c'est concevoir un déplacement vécu de bout en bout, pas seulement un bel objet roulant.
Ce qui se joue ailleurs : le design de produit, le design de service, le design systémique, le design urbain et la durabilité.
Références : design industriel des véhicules ; paradigme « mobility as a service » et intermodalité.

Rémi
Gréau
Directeur du design
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