Design urbain : le plan, ou la vie ?

Design urbain : le plan, ou la vie ?

var(--variable-Qv6Rce5Op)

Le design urbain conçoit l'espace de la ville à l'échelle intermédiaire entre l'architecture et l'urbanisme : rues, places, quartiers, et la manière dont les gens les habitent vraiment.

La discipline s'est en partie construite contre l'urbanisme fonctionnaliste du XXe siècle, qui dessinait la ville d'en haut, par zones et par flux. En 1961, Jane Jacobs (The Death and Life of Great American Cities) renverse la perspective : une ville vivante ne se planifie pas comme une machine, elle émerge des usages, des trottoirs animés, de la mixité, des « yeux sur la rue ». Plus tard, Jan Gehl (Cities for People) replace le piéton, le corps, l'échelle humaine au centre.

La tension fondatrice est là : entre le plan, vu d'avion, lisible, ordonné, et la vie, vécue au sol, désordonnée, imprévisible. Un quartier parfait sur la maquette peut être mort une fois construit ; un espace « mal fichu » peut grouiller de vie. Le design urbain réussit quand il conçoit pour l'usage réel plutôt que pour la vue aérienne, quand il laisse de la place à l'appropriation, au non-prévu, à ce que les habitants en feront.

Le risque demeure le « placemaking » de façade : un mobilier joli, une terrasse photogénique, sans changement réel des usages ni des inégalités d'accès. Animer une place ne suffit pas si l'on n'a pas compris qui s'y sent légitime.

Notre approche est systémique et ancrée dans les usages : la ville est un système d'acteurs et de pratiques avant d'être un plan. Concevoir l'urbain, c'est observer comment l'espace est réellement vécu, puis créer les conditions d'une vie qui n'a pas besoin d'être scénarisée pour exister.

Ce qui se joue ailleurs : le design de l'environnement, le design systémique, l'habitabilité, l'écosystème et le codesign.

Références : J. Jacobs, The Death and Life of Great American Cities (1961) ; J. Gehl, Cities for People.

Portrait of Rémi Greau

Rémi

Gréau

Directeur du design