Innovation sociale : grandir sans se trahir

Innovation sociale : grandir sans se trahir

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L'innovation sociale désigne de nouvelles réponses à des besoins sociaux mal couverts, santé, éducation, inclusion, qui créent de la valeur d'abord pour la société, et pas seulement pour un marché.

Le concept a été cadré notamment par Geoff Mulgan et la Young Foundation : une innovation est sociale par sa finalité (répondre à un besoin social) et par ses moyens (souvent collaboratifs, ancrés dans les communautés). Les exemples vont du microcrédit aux régies de quartier, des tiers-lieux aux coopératives.

Sa tension propre est celle de l'impact et de l'échelle. Une innovation sociale tire sa force de son ancrage local, de la confiance, du sur-mesure, exactement ce qui résiste au passage à l'échelle. La déployer largement risque de la standardiser, donc de lui faire perdre ce qui la rendait efficace. À l'inverse, rester local, c'est toucher peu. Comment grandir sans se trahir ?

Et il y a le risque de récupération : repeindre une logique de marché en « impact » sans rien changer au fond, le « social washing ». L'innovation sociale sérieuse se juge à des effets réels sur des vies, pas à un vocabulaire.

Notre approche est systémique et ancrée dans les usages : nous aidons à concevoir des réponses qui tiennent dans le réel des territoires et des communautés, et à penser leur diffusion sans les dénaturer, en répliquant le principe plutôt qu'en clonant la recette. Grandir par essaimage, pas par uniformisation.

Ce qui se joue ailleurs : le codesign, le design systémique, le design de transition, les parties prenantes et l'écosystème.

Références : G. Mulgan et la Young Foundation, cadrage de l'innovation sociale.

Portrait of Rémi Greau

Rémi

Gréau

Directeur du design