Design sprint : la vitesse a un coût

Design sprint : la vitesse a un coût

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Le sprint de design est un format court et intensif, souvent cinq jours, qui condense les étapes clés de la conception : comprendre, esquisser, décider, prototyper, tester, pour passer d'une question à un apprentissage en une semaine.

Le format a été popularisé par Jake Knapp chez Google Ventures (Sprint, 2016). Sa promesse est séduisante : au lieu de débattre pendant des mois, on réunit les bonnes personnes, on prototype une solution réaliste, et on la teste avec de vrais utilisateurs dès le vendredi. On s'épargne des mois de développement pour une idée qui ne tenait pas.

Mais la vitesse a un coût qu'il faut nommer. Cinq jours suffisent à tester une hypothèse de solution ; ils ne suffisent pas à bien poser le problème. Un sprint brillant peut répondre vite et bien à une mauvaise question, si le cadrage en amont a été bâclé. La compression du temps favorise les sujets « cadrables » et néglige la complexité longue, le terrain, les acteurs qu'on ne peut pas convoquer en une semaine. Le sprint accélère la convergence ; il ne remplace pas le travail de découverte.

D'où le risque d'en faire une recette magique, un sprint pour tout, tout le temps. Le sprint est un excellent outil quand le problème est déjà bien posé et qu'il faut trancher vite entre des options. Il est dangereux quand on s'en sert pour éviter le travail lent de la compréhension.

Notre usage : le sprint comme accélérateur, après le cadrage, pas à sa place. Nous l'employons pour décider et apprendre vite, en gardant le temps long là où il est indispensable, sur le terrain et sur le vrai problème. Vite, mais pas à côté.

Ce qui se joue ailleurs : le prototypage et les itérations, le design thinking, le double diamant (le premier diamant qu'il ne faut pas sauter), l'idéation et le test utilisateur.

Références : J. Knapp, Sprint (Google Ventures, 2016).

Portrait of Rémi Greau

Rémi

Gréau

Directeur du design